Aujourd’hui j’ai 40 ans… Putain ! Ce n’est pas que cela me stress c’est juste que hier j’avais encore 15 ans…mais ou sont passées toutes ces années ?
Je n’ai aucun regrets, j’ai fait des erreurs, mais je les assumes toutes,j’ai mon caractère et c’est ainsi. Il faut faire avec, pour moi et pour vous… ce n’est pas toujours facile, je le conçoit.
40 ans c’est aussi le moment ou l’on peut se retourner sur soi, sur sa vie sur ce que l’on laisse derrière soi.
Je l’ai toujours dit, jusqu’a 40 ans on cherche ce que l’on va faire de sa vie, après 40 ans on cherche à savoir ce que l’on a fait de sa vie. La mienne n’a été qu’une succession « d’accidents » qui ont fait ce que je suis.
Je ne regrette rien, ni mes choix ni mes peines, car aujourd’hui je suis heureux. J’ai eu la chance de vivre une vie » de bohème » et ce luxe, peu de gens l’on eu. A 15 ans on m’a jeté de l’école ( ou plutôt je leur ai claqué la porte à la gueule ) en me disant que de toute manière je n’arriverai à rien et je finirai sous les ponts, j’ai largement pris ma revanche.
J’ai fait le tour du monde, je passe à la TV, j’ai une copine fantastique, on me confie des boulots incroyables, des gens reconnaissent mon talent,j’ai des amis fantastiques, je suis parfois même encensé, des gens croient en mon potentiel, je m’éclate artistiquement, que demander de mieux ?
Cela n’a pas toujours été facile, j’ai passé quelques mois sans logement, expulsé de chez moi à plusieurs reprises car je n’arrivais pas à payer le loyer. J’ai vécu avec 400.- par mois, sans jamais le laisser transparaître en continuant à sourire et à raconter des conneries alors que le soir même je ne savais pas ou aller me réfugier.
C’est ainsi, c’est le parcours de ma vie… non je n’ai peur ni des rides ni des cheveux blanc, ni de perdre mes dents, ni de vieillir, j’assume qui je suis.
Vieillir c’est aussi se rendre compte qu’on à perdu pas mal d’amis en route, des gens qu’on aimait bien. C’est se rendre compte que tan de choses changent autour de nous. C’est peut être cela, ma crainte personnelle, celle de ne jamais accepter que ce que j’ai aimé puisse changer.
Et puis il y a la vie, celle qui vous met des baffes et des caresses, j’en ai encore la joue rouge. J’ai des crampes dans les mollets à force de me relever sans cesse. 40 ans c’est épuisant.
Non je n’ai pas envie de me lever le matin pour aller travailler dans un costume que je déteste. Ce n’est pas cela ma vie, je suis un rebelle depuis si longtemps. Mais je suis aussi fatigué de lutter. Mes parents m’ont fait écouter Desproges, Coluche, ils m’ont fait lire Vian et Reiser. Comment aurais-je pu rentrer dans le rang, impossible. Mais la Lutte fatigue surtout quand elle est vaine.
Je n’ai jamais voulu être qui je suis, le skate, je le pratiquais seul, dans l’école de chez moi, mon papa m’ayant ramené une board qu’il avait trouvé dans une poubelle, j’avais ni trucs ni roues, alors on a scié ses patins à roulettes en deux et fait des trous dans la board pour fixer tout ceci.
Aujourd’hui je me retrouve au coeur de toutes ces luttes pour faire vivre ces sports et ces passions urbaines.
40 ans et 15 ans de lutte pour voir que rien n’a changé, pire encore, pour se rendre compte que j’ai fait éclater tan de vérités sur le skatemafiapoliticobusinessgenevois qu’aujourd’hui je suis blacklisté par les autorités et les organismes.
Mais ce n’est pas grave, il en faut toujours un, une sorte de » sacrifice » j’assume ce rôle depuis bien longtemps. C’est juste que dans ce bilan, c’est parfois difficile de se rendre compte à quel point on à lutté pour rien. ( on ne lutte jamais pour rien, mais pour se rendre compte que , malgré les luttes rien n’a changé )
Je n’ai pas le syndrome de Peter Pan, car je n’ai pas envie de rester un enfant, je suis juste triste de voir disparaître ce que j’ai aimé étant enfant, un arbre, un lieu, un parc, de voir des films détruits par de la modernité inutiles, de voir notre société remixer sans aucune classe ni respect des choses cultes de mon enfance….
Mais c’est cela le prix de la vie, c’est ainsi toutes les générations sont confrontées à ce genre de dilemmes et c’est maintenant à mon tour de m’en rendre compte…
Tan que j’arrive à être ému en regardant les Goonies rien n’est perdu !
Merci à vous tous, qui m’avez entouré, qui m’avez permis de rester qui je suis en m’acceptant tel que j’étais, merci à tous ceux qui m’ont accepté malgré nos larges différences d’âge dans un milieu que j’aurai dû quitter il y a bien longtemps…
Merci à vous tous qui m’avez permis de rester jeune
40 ans putain… merde, hier j’avais 15 ans…

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